Euchologion
Après l’annonce du titre de la station, on dit en fléchissant le genoux :
V. Adorámus te, Christe, et benedícimus tibi.
R. Quia per sanctam Crucem tuam redemísti mundum.
Après la méditation proposée, on conclut ainsi :
V. Pater noster,...
V. Ave, María,...
V. Glória Patri,...
V. Miserére nostri, Dómine
R. Miserére nostri
V. Fidélium ánimæ per misericórdiam Dei requiéscant in Pace.
R. Amen.
C’est en union avec Vous, ô Jésus, en union aussi avec Marie, votre Mère, et avec tous les Saints, que nous venons méditer sur les souffrances de votre Passion et parcourir avec Vous les stations de la Voie douloureuse du Calvaire.
Faites, ô divin Sauveur, que cette méditation rappelle à nos cœurs oublieux que la vie n'est qu'un chemin de Croix ; qu'elle les remplisse de regret à la vue de nos fautes et de reconnaissance à la pensée de l'amour immense que Vous nous avez témoigné, en mourant pour nous sur la Croix.
Jésus est condamné à mort...
« Alors Pilate ordonna qu'Il fût fait selon la volonté des juifs, et Il leur abandonna Jésus pour être crucifié ». Sans un mot, le Sauveur reçoit cette injuste sentence. C'est ainsi qu'Il supporte nos lâchetés et nos fautes, par lesquelles nous osons, comme Pilate, le condamner de nouveau à mort.
Ô Jésus, faites-nous miséricorde ! Nous ne voulons plus renouveler votre supplice, mais nous acceptons par avance toutes les souffrances et la mort même pour expier nos péchés, en union avec Vous.
Jésus est chargé de sa Croix
« Et le Sauveur sortit du prétoire, portant sa Croix ! ». Oh ! que les péchés du monde, que nos propres péchés pèsent lourdement sur cette Croix ! Et n'oublions pas que c'est pour alléger le poids de la nôtre que Jésus consent à alourdir la sienne.
Ô Jésus, qui avez tant souffert pour nous faire aimer la Croix, donnez-nous de Vous aimer en elle. À votre exemple, nous voulons porter courageusement celle que Vous poserez sur nos épaules, pour l'expiation de nos fautes.
Jésus tombe sous le poids de sa Croix
C’est bien plus sous le poids de nos péchés que sous celui de sa croix que Jésus s'affaisse. Heureuse chute, qui est pour nos âmes une leçon d'espoir et de persévérance !
Nous Vous adorons, ô divin Maître, trahi par vos forces physiques et renversé à terre par nos fautes. Oubliant notre ingratitude, aidez-nous à nous relever chaque fois que nous tombons, afin que, marchant généreusement à votre suite, nous arrivions à triompher de nos chutes et à vaincre le péché.
Jésus rencontre sa Très Sainte Mère
Marie aperçoit son Fils bien-aimé couvert de sang et tout courbé sous le fardeau de la croix. Quelle immense douleur pour elle ! Quel serrement de cœur pour Jésus quand, à son tour, Il voit sa Mère !
Ô Jésus et Marie, unis dans la plus grande et la plus sainte des douleurs, prenez-nous en pitié ! Et puisque ce sont nos fautes qui ont été la cause de vos souffrances, obtenez-nous la grâce de les détester, afin de mériter ainsi votre pardon et votre amour.
Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa Croix
Si les juifs obligent Simon de Cyrène à porter la Croix de Jésus, ce n'est point par un sentiment de pitié. Ils ont peur que leur Victime, déjà bien affaiblie, ne succombe en chemin. Quel honneur pour Simon de Cyrène, quel honneur aussi pour tous ceux que Jésus appelle à son aide !
Ô bon Maître, apprenez-nous à porter notre croix, à porter, s'il le faut, celle des autres, d'abord par amour pour Vous, ensuite pour l'expiation de nos propres péchés et l'expiation des péchés du monde entier.
Une femme pieuse essuie la face de Jésus
Dans le cortège qui passe, une femme reconnaît Jésus. Courageusement, elle traverse la foule des juifs et des soldats, s'approche, et, tout émue, essuie avec son voile la figure ensanglantée du Sauveur. La récompense est immédiate : Jésus laisse sur le voile l'empreinte de sa sainte Face.
À l'exemple de sainte Véronique, faites Seigneur, que nous ne soyons jamais les esclaves du respect humain. Dans votre sang, lavez les taches et les impuretés de notre âme. Et, surtout, gravez en elle les traits de votre auguste visage, pour que nous n'osions plus désormais la souiller par le péché.
Jésus tombe pour la deuxième fois
La marche pénible au milieu d'une foule haineuse, les brutalités des soldats, la faiblesse grandissante de Jésus et le dégoût insurmontable qu'Il éprouve à la vue des péchés du monde, telles sont les raisons de cette seconde chute. Comme la première fois, la divine Victime se relève courageusement et reprend sa marche au Calvaire.
Malgré nos chutes, nombreuses et toujours les mêmes, préservez-nous, ô Jésus, du désespoir ! Donnez-nous la grâce de pleurer nos faiblesses, d'expier nos fautes, et faites que nous nous relevions, comme Vous, toutes les fois que nous aurons eu le malheur de tomber.
Jésus console les filles de Jérusalem
« Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous et sur vos enfants ». Jésus oublie en cet instant ses souffrances, pour ne plus songer qu'à nos peines. Il veut en même temps nous faire comprendre que nos péchés étant la seule cause de ses douleurs, ce sont eux qu'Il nous faut pleurer.
Ô Jésus, ayez pitié des pauvres pécheurs que nous sommes ! Gardez-nous des gémissements inutiles, des plaintes égoïstes. Apprenez-nous à unir nos souffrances aux vôtres et à compatir charitablement aux peines de nos frères.
Jésus tombe pour la troisième fois
Jésus arrive au sommet du Calvaire. Il est à bout de forces. Ce qui l'accable surtout, c'est la pensée que tant d'âmes ne seront pas sauvées par sa mort, que son sang sera inutile pour un grand nombre. C'est comme une dernière agonie qui s'empare de lui et le jette par terre.
Ô Jésus, ayez pitié des pauvres pécheurs que nous sommes ! Gardez-nous des gémissements inutiles, des plaintes égoïstes. Apprenez-nous à unir nos souffrances aux vôtres et à compatir charitablement aux peines de nos frères.
Jésus est dépouillé de ses vêtements
À peine arrivé au Calvaire, Jésus est brutalement dépouillé de tout. Il apparaît couvert de plaies, de poussière et de sueur, comme un lépreux dont Dieu lui-même se serait détourné avec horreur. Et ce sont nos lâchetés, nos fautes, nos turpitudes qui l'ont réduit en cet état !
Ô Jésus, pardon ! Nous ne voulons plus Vous frapper, nous ne voulons plus Vous humilier si ignominieusement. Par vos plaies sacrées, sauvez-nous de la tyrannie des sens, détachez-nous de nos mauvaises habitudes, et affermissez dans notre âme l'esprit de pureté et de pénitence.
Jésus est cloué sur la Croix
Jésus s'offre lui-même à ses bourreaux pour être crucifié. Quels affreux tourments ne va-t-Il pas endurer, cloué sur ce bois, achevant de verser tout son sang jusqu'à la dernière goutte ! Et c'est pour laver toutes nos souillures qu'Il le verse avec tant de générosité.
Ô doux Sauveur, permettez-nous de baiser vos mains, toujours si accueillantes, vos pieds, infatigables à la poursuite des brebis égarées ou perdues. Enfin, attachez-nous si fortement à Vous, que rien, ni le péché, ni le monde, ni la mort, ni l'enfer ne puissent jamais nous en séparer.
Jésus meurt sur la Croix
Trois heures durant, Jésus reste suspendu à la Croix ! Lui, le Dieu de toute sainteté, condamné à mourir entre deux scélérats ! Quelle torture, quelle affreuse agonie ! Charitable jusqu'à la dernière minute, Il demande pardon à son Père pour ses bourreaux ; Il promet sa gloire au bon larron ; Il recommande sa Mère au disciple bien-aimé ; Il crie sa soif des âmes ; Il remet son esprit entre les mains de son Père ; Il annonce que tout est consommé, et Il meurt !
Ô Jésus, avec votre douce Mère, la Très Sainte Vierge Marie, nous nous tenons au pied de votre Croix, les yeux remplis de larmes, le cœur torturé par le remords, et bien résolus à ne plus Vous faire mourir désormais. Comme au bon larron, accordez-nous, s'il Vous plait, votre pardon, avec la consolante promesse du Paradis.
Jésus est descendu de la Croix et remis à sa Mère
Joseph d'Arimathie et Nicodème descendent de la Croix le corps de Jésus, et le déposent respectueusement entre les bras de Marie. Quel martyre pour cette Mère si aimante de contempler ce corps inerte, couvert de meurtrissures, tout souillé de sueur et de sang !
Très sainte Mère de Dieu, permettez à vos enfants de la terre de rester bien humblement près de vous, de souffrir avec vous, et d'avoir autant que vous, s'il se peut, l'horreur du péché, cause de si grands malheurs. Et si vous le voulez bien, gardez-nous dans vos bras, afin qu'au jour du jugement, Jésus, votre divin Fils, trouve notre âme sans péché.
Jésus est mis au tombeau
Joseph d'Arimathie enveloppa dans un linceul le corps de Jésus, et le plaça dans un tombeau neuf, creusé dans le roc. « Nous aussi, nous avons été ensevelis avec le Christ par le Baptême ». Et de même que Jésus ressuscita glorieux au matin de Pâques, ainsi nous ressusciterons avec lui, si nous savons vraiment mourir à nos passions et à toutes les choses d'ici-bas. Telle est la grâce qu'Il nous faut demander comme fruit de ce Chemin de Croix.
Par Votre Passion, par Votre Croix, par Votre Mort, délivrez-nous, Seigneur, de tout péché, afin qu 'après notre vie terrestre, nous vivions heureux avec Vous pendant toute l'éternité. Ainsi soit-il !
De retour à l'autel, à genoux :
V. Adorámus te, Christe, et benedícimus tibi.
R. Quia per sanctam Crucem tuam redemísti mundum.
V. Ora pro nobis, Virgo dolorosíssima.
R. Ut digni efficiámur promissiónibus Christi.
V. Orémus pro pontifice nostro N..
R. Dóminus consérvet eum, et vivíficet eum, et beátum fáciat eum in terra et non tradat eum in ánimam inimicórum ejus.
V. Orémus pro fidélibus defúnctis.
R. Réquiem ætérnam dona eis, Dómine, et lux perpétua lúceat eis.
V. Réspice, quǽsumus, Dómine, super hanc famíliam tuam, pro qua Dóminus noster Jesus Christus non dubitávit mánibus tradi nocéntium, et crucis subíre torméntum.
V. Dómine Jesu Christe, Fili Dei vivi, qui hora sexta, pro redemptióne mundi, crucis patíbulum ascendísti, et Sánguinem tuum pretiósum in remissiónem peccatórum nostrórum fudísti, te humíliter deprecámur, ut, post óbitum nostrum, jánuam paradísi nos gaudéntes introíre concédas..
V. Intervéniat pro nobis, quǽsumus, Dómine Jesu Christe, nunc et in hora mortis nostræ, apud tuam cleméntiam, beáta Virgo María, mater tua, cujus sacratíssimam ánimam, in hora tuæ Passiónis, dolóris gládius pertransívit.
V. Dómine Jesu Christe, qui frigescénte mundo, ad inflammándum corda nostra tui amóris igne, in carne beatíssimi Francísci Passiónis tuæ sacra stígmata renovásti : concéde propitius, ut, ejus méritis et précibus crucem júgiter ferámus, et dignos fructus pœniténtiæ faciámus.
V. Omnípotens sempitérne Deus, miserére fámulo tuo pontífici nostro N., et dírige eum secúndum tuam cleméntiam in viam salútis ætérnæ ; ut, te donánte, tibi plácita cúpiat, et tota virtúte perfíciat.
V. Deus, véniæ largítor et humánæ salútis amátor, quǽsumus cleméntiam tuam, ut nostræ congregatiónis fratres, propínquos et benefactóres, qui ex hoc sǽculo transiérunt, beáta Maria semper Vírgine intercedénte, cum ómnibus Sanctis tuis, ad perpétuæ beatitúdinis consórtium perveníre concédas. Per Dóminum nostrum Jesum Christum fílium tuum qui tecum vivit et regnat in unitáte Spiritu Sancti Deus, per ómnia sǽcula sæculórum.
R. Amen.