Euchologion
Après l’annonce du titre de la station, on dit en fléchissant le genoux :
V. Adorámus te, Christe, et benedícimus tibi.
R. Quia per sanctam Crucem tuam redemísti mundum.
Après la méditation proposée, on conclut ainsi :
V. Pater noster,...
V. Ave, María,...
V. Glória Patri,...
V. Miserére nostri, Dómine
R. Miserére nostri
V. Fidélium ánimæ per misericórdiam Dei requiéscant in Pace.
R. Amen.
Jésus, notre aimable Sauveur, nous voici humblement prosternés à vos pieds, afin d'implorer votre divine miséricorde pour nous et pour les âmes des fidèles qui sont morts. Daignez nous appliquer à tous les mérites infinis de votre sainte Passion que nous allons méditer. Faites que dans cette voie de soupirs et de larmes où nous entrons, nos cœurs soient tellement contrits et repentants, que nous embrassions avec joie toutes les contradictions, les souffrances et les humiliations de cette vie.
Et Vous, ô divine Marie, qui la première nous avez enseigné à faire le Chemin de la Croix, obtenez de l'adorable Trinité qu'elle daigne accepter, en réparation de tant d'injures qui lui sont faites, les affections de douleur et d'amour dont l'Esprit vivificateur nous favorisera pendant ce saint exercice.
Jésus est condamné à mort...
Considérons la soumission admirable de Jésus lorsqu’Il reçoit cette injuste sentence, et tâchons de bien nous persuader que ce ne fut pas seulement Pilate qui le condamna, mais nous tous ici présents, et tous les pécheurs de 1’univers, qui demandaient sa mort. Disons-lui donc, pénétrés de la plus vive douleur :
Ô adorable Jésus, puisque ce sont nos crimes qui Vous ont conduit au trépas, faites que nous les détestions de tout notre cœur, afin que notre repentir et notre pénitence nous obtiennent pardon et miséricorde.
Jésus est chargé de sa Croix
Considérons avec quelle douceur notre divin Maître reçoit sur ses épaules meurtries et ensanglantées le terrible instrument de son supplice. C'est ainsi qu'Il veut nous enseigner à porter notre croix, en acceptant avec la plus grande résignation les maux qui nous sont envoyés du ciel ou qui nous viennent de la part des créatures.
Ô doux Jésus, ce n'était point à Vous à porter cette croix, puisque Vous étiez innocent ; mais à nous, misérables pécheurs, chargés de toutes sortes d'iniquités. Donnez-nous donc la force de Vous imiter, en supportant sans murmure les revers et les disgrâces de cette vie qui, dans l'ordre de votre providence paternelle, doivent être pour nous l'occasion de satisfaire à votre justice, et le moyen d'arriver à la céleste patrie.
Jésus tombe sous le poids de sa Croix
Considérons Jésus-Christ entré dans la route du Calvaire. Le sang qu'Il avait répandu dans la flagellation et le couronnement d'épines l'a tellement affaibli, qu'Il tombe sous son pesant fardeau, et ne se relève qu'après les plus sanglants outrages, qu'Il endure sans témoigner aucun sentiment d'indignation. Voilà comment Il a voulu expier toutes nos chutes, et nous apprendre à nous relever par les austérités de la pénitence quand nous avons eu le malheur de tomber dans l'abîme du péché.
Ô bon Jésus, tendez-nous une main secourable au milieu de tant de dangers auxquels nous sommes exposés. Daignez nous fortifier dans nos faiblesses, afin qu'après Vous avoir suivi courageusement sur le Calvaire, nous puissions y goûter les fruits délicieux de l'arbre de vie et devenir éternellement heureux avec Vous.
Jésus rencontre sa Très Sainte Mère
Considérons combien il fut douloureux pour ce divin Fils de voir cette Mère chérie dans des circonstances si cruelles, et pour Marie de voir son aimable Fils traîné inhumainement par une troupe de scélérats, au milieu d'un peuple innombrable qui le chargeait d'injures. A cette vue, son cœur maternel est percé de mille glaives et livré à toutes les angoisses. Elle voudrait délivrer notre Sauveur et l'arracher des mains de ses bourreaux ; mais elle sait qu'Il faut que notre Salut s'opère ainsi. Unissant donc le sacrifice de son amour à celui de son Fils, elle partage toutes ses souffrances et s'attache à lui jusqu'au dernier soupir.
Ô Marie, Mère de douleur, obtenez-nous cet amour ardent avec lequel vous accompagnâtes Jésus-Christ sur la montagne sainte, et cette fermeté que vous fîtes paraître au pied de la croix, afin que nous y demeurions constamment avec vous, et que rien ne puisse jamais nous en séparer.
Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa Croix
Considérons la grande bonté de Jésus-Christ envers nous. S'Il permet qu'on l'aide à porter sa croix ce n'est pas qu'Il manque de force, étant celui qui soutient l'univers ; mais Il veut nous enseigner à unir nos souffrances aux siennes et à partager avec lui son calice d'amertume.
O Jésus, notre Maître, Vous en avez bu le plus amer, et Vous ne nous en avez laissé que la plus petite partie. Ne permettez pas que nous soyons assez ennemis de nous-mêmes pour la refuser. Faites, au contraire, que nous l'acceptions volontiers, afin de nous rendre dignes de participer aux torrents de délices dont Vous enivrez vos élus dans la terre des vivants.
Une femme pieuse essuie la face de Jésus
Considérons l'action héroïque de cette sainte femme, qui s'avance à travers la foule des soldats pour voir son divin Maître. Elle l'aperçoit couvert de crachats, de poussière, de sueur et de sang. Un tel spectacle attendrit son âme jusqu'aux larmes ; et son amour la mettant au-dessus de toute crainte, elle s'approche de Jésus, essuie ce visage défiguré, cette auguste face qui ravit tous les saints et devant laquelle les anges se couvrent de leurs ailes, ne pouvant en soutenir l'éclat.
Ô Jésus, le plus beau des enfants des hommes, en quel état Vous a réduit votre amour pour nous ! Non, jamais Vous n'avez été plus digne de nos adorations et de nos hommages. Nous Vous adorons donc, et, prosternés devant votre divine Majesté, nous Vous supplions d'oublier toutes nos offenses, et de rendre à notre âme son ancienne beauté qu'elle a perdue par le péché.
Jésus tombe pour la deuxième fois
Considérons l'Homme-Dieu succombant derechef. Contemplons cette sainte Victime étendue par terre sous le poids horrible du bois de son sacrifice, exposée de nouveau à la cruauté des soldats et des meurtriers. C'est encore pour nous donner des preuves de son amour infini que Jésus-Christ permet cette seconde chute. Il veut aussi nous montrer par là que, retombant si souvent dans le péché, nous ne devons néanmoins jamais perdre confiance, mais tout espérer de sa miséricorde, et que, au milieu des plus grandes afflictions, il ne faut pas se laisser aller au découragement ; que la voie du ciel est semée de ronces et d'épines ; que, pour être glorifié, il faut auparavant passer par le creuset des souffrances.
Ô Jésus, notre force, préservez-nous de toute rechute et ne permettez pas que nous ayons le malheur, en nous perdant, de rendre inutiles tant de fatigues et de peines que Vous avez endurées pour nous délivrer de la mort éternelle.
Jésus console les filles de Jérusalem
Admirons ici la générosité incomparable de Jésus-Christ. Il oublie, pour ainsi dire, ses propres souffrances, afin de ne s'occuper que de celles des saintes femmes, et de leur procurer les consolations dont elles avaient besoin dans le grand abattement où son état déplorable les avait jetées. En leur recommandant de ne point pleurer sur lui, mais plutôt sur elles-mêmes et sur leur perfide patrie, Il nous a fait sentir que son cœur serait peu sensible à notre compassion, si nous ne commencions par pleurer nos péchés, qui sont la seule cause de ses douleurs.
Ô aimable Jésus, vrai consolateur des âmes affligées, daignez jeter sur nous des regards de tendresse et de miséricorde : faites-nous la grâce de Vous accompagner constamment dans le chemin de la croix avec les filles de Jérusalem, afin d'y entendre, comme elles, des paroles de vie, et d'y jouir de vos ineffables consolations.
Jésus tombe pour la troisième fois
Considérons l'adorable Jésus arrivé au Calvaire. Il jette alors ses regards sur le lieu où Il va bientôt être sacrifié à la fureur de ses ennemis. Ce qui l'occupe en ce moment, ce sont nos chutes sans fin et l'inutilité de son sang pour le plus grand nombre de pécheurs. Cette pensée cruelle le consterne et afflige son tendre cœur plus que tous les supplices qu'Il doit encore souffrir. Elle jette son âme dans une profonde tristesse et dans un si cruel abattement que, ses forces venant à lui manquer comme dans son agonie, Il se laisse aller la face contre terre.
Ô Jésus, victime d'amour, voici donc que Vous allez être immolé pour le salut des hommes ! Daignez nous appliquer les mérites de votre sacrifice dans le temps, afin que nous puissions Vous offrir celui de nos louanges pendant l'éternité.
Jésus est dépouillé de ses vêtements
Considérons combien fut grande la douleur de Jésus-Christ lorsque les bourreaux lui arrachèrent ses habits. Toutes les plaies qu'Il avait reçues, et qui avaient collé sa robe contre sa chair sacrée se rouvrirent en ce moment pour lui faire souffrir à la fois tous les tourments de la flagellation. Mais ce qui lui fut encore bien plus sensible, c'était de se voir exposé ainsi à la vue d'une foule immense de spectateurs.
O Jésus, divin Agneau, Vous voilà donc parvenu au lieu de votre supplice sans que Vous ayez ouvert la bouche pour Vous plaindre. Ah ! que votre silence est éloquent et énergique ! avec quelle force ne nous prêche-t-Il pas la nécessité de réprimer nos impatiences et nos murmures ! Vous Vous laissez encore dépouiller de vos vêtements, pour expier le malheur que nous avons eu de perdre le don précieux de la grâce. Daignez donc nous le faire recouvrer, et nous dépouiller entièrement du vieil homme, afin que nous ne vivions plus que selon les sentiments de votre cœur adorable.
Jésus est cloué sur la Croix
Considérons Jésus-Christ s'offrant à ses bourreaux pour être crucifié, et s'étendant lui-même sur l'arbre de la croix. Quel tourment ne dut-Il pas endurer dans le temps que les coups de marteau enfonçaient les clous dans ses pieds et dans ses mains adorables ! Alors sa chair se déchire, ses os se froissent, ses nerfs se rompent, ses veines se brisent ; le sang, coulant à grands flots, épuise ses forces et ajoute à de si horribles supplices celui de la soif la plus ardente.
Ô péché, maudit péché, c'est toi qui fus la cause de cette mer de douleurs dans laquelle nous contemplons la Victime de notre salut ! Ah ! chrétiens, quel excès d'amour ! Quelle immense charité ! Qu'à cette vue nos cœurs se déchirent et s'embrasent, qu'ils renoncent à tous les plaisirs de la terre, qu'ils soient sans cesse crucifiés avec celui de Jésus, et que nos yeux versent jours et nuits des torrents de larmes.
Jésus meurt sur la Croix
Considérons Jésus, le Dieu de toute sainteté, expirant entre deux scélérats, et admirons la douceur et la force de son amour. Il demande à son Père le pardon de ses bourreaux, Il promet sa gloire au bon larron, Il recommande sa Mère au disciple bien-aimé, Il remet son âme entre les mains de son Père, Il annonce que tout est consommé, et Il expire pour nous. Dans le même instant, toutes les créatures publient sa divinité, la nature entière s'attriste et semble vouloir s'anéantir en voyant expirer son Créateur.
Ô pécheurs, n'y aura-t-Il que Vous qui demeurerez insensibles à ce spectacle si attendrissant ? Jetez un regard sur votre Sauveur, voyez l'état affreux où vos crimes l'ont réduit. Il Vous pardonne cependant, si votre repentir est sincère. Il a ses pieds attachés pour Vous attendre, ses bras étendus pour Vous recevoir, son côté ouvert et son cœur blessé pour répandre sur Vous toutes ses grâces, sa tête penchée pour Vous donner le baiser de paix et de réconciliation. Accourons donc tous au pied de sa croix, et mourons pour lui, puisqu'Il est mort pour nous.
Jésus est descendu de la Croix et remis à sa Mère
Considérons la douleur extrême de cette tendre Mère après la mort de son divin Fils. Elle reçoit ce précieux dépôt entre ses bras ; elle contemple son visage pâle, sanglant et défiguré ; elle voit ses yeux éteints, sa bouche fermée, son côté ouvert, ses mains et ses pieds percés. Cette vue est pour elle un martyre ineffable et dont Dieu seul peut connaître tout le prix.
Ô Marie, c'est nous qui sommes la cause de cette affliction ; ce sont nos péchés qui ont transpercé votre âme en attachant Jésus-Christ à la croix ! Daignez, ô Mère de miséricorde, obtenir notre pardon et nous permettre d'adorer dans vos bras notre amour crucifié. Imprimez tellement dans nos âmes les douleurs que vous ressentîtes au pied de la croix, que nous n'en perdions jamais le souvenir.
Jésus est mis au tombeau
Voici donc, ô Jésus, notre cher Rédempteur, voici donc où repose votre corps adorable, le précieux gage de notre salut ! Faites que notre plus grande consolation, dans cette vallée de larmes, soit de nous occuper des supplices et de la mort ignominieuse que Vous avez endurés pour nous racheter. Et parce que Vous n'avez voulu être placé dans un sépulcre nouveau que pour nous faire connaître que c'était avec un nouveau cœur que nous devions nous approcher de Vous dans le sacrement de votre amour, daignez nous purifier de toutes nos taches et nous rendre dignes de nous asseoir souvent à votre sacré banquet. Ensevelissez dans ce même tombeau toutes nos iniquités et nos convoitises, afin que, mourant à nos passions et à toutes les choses d'ici-bas pour mener avec Vous une vie cachée en Dieu, nous méritions de faire une fin heureuse et de Vous contempler face à face dans la splendeur de votre gloire.
De retour à l'autel, à genoux :
V. Adorámus te, Christe, et benedícimus tibi.
R. Quia per sanctam Crucem tuam redemísti mundum.
V. Ora pro nobis, Virgo dolorosíssima.
R. Ut digni efficiámur promissiónibus Christi.
V. Orémus pro pontifice nostro N..
R. Dóminus consérvet eum, et vivíficet eum, et beátum fáciat eum in terra et non tradat eum in ánimam inimicórum ejus.
V. Orémus pro fidélibus defúnctis.
R. Réquiem ætérnam dona eis, Dómine, et lux perpétua lúceat eis.
V. Réspice, quǽsumus, Dómine, super hanc famíliam tuam, pro qua Dóminus noster Jesus Christus non dubitávit mánibus tradi nocéntium, et crucis subíre torméntum.
V. Dómine Jesu Christe, Fili Dei vivi, qui hora sexta, pro redemptióne mundi, crucis patíbulum ascendísti, et Sánguinem tuum pretiósum in remissiónem peccatórum nostrórum fudísti, te humíliter deprecámur, ut, post óbitum nostrum, jánuam paradísi nos gaudéntes introíre concédas..
V. Intervéniat pro nobis, quǽsumus, Dómine Jesu Christe, nunc et in hora mortis nostræ, apud tuam cleméntiam, beáta Virgo María, mater tua, cujus sacratíssimam ánimam, in hora tuæ Passiónis, dolóris gládius pertransívit.
V. Dómine Jesu Christe, qui frigescénte mundo, ad inflammándum corda nostra tui amóris igne, in carne beatíssimi Francísci Passiónis tuæ sacra stígmata renovásti : concéde propitius, ut, ejus méritis et précibus crucem júgiter ferámus, et dignos fructus pœniténtiæ faciámus.
V. Omnípotens sempitérne Deus, miserére fámulo tuo pontífici nostro N., et dírige eum secúndum tuam cleméntiam in viam salútis ætérnæ ; ut, te donánte, tibi plácita cúpiat, et tota virtúte perfíciat.
V. Deus, véniæ largítor et humánæ salútis amátor, quǽsumus cleméntiam tuam, ut nostræ congregatiónis fratres, propínquos et benefactóres, qui ex hoc sǽculo transiérunt, beáta Maria semper Vírgine intercedénte, cum ómnibus Sanctis tuis, ad perpétuæ beatitúdinis consórtium perveníre concédas. Per Dóminum nostrum Jesum Christum fílium tuum qui tecum vivit et regnat in unitáte Spiritu Sancti Deus, per ómnia sǽcula sæculórum.
R. Amen.