← Retour au site

Euchologion


Exercice du Chemin de la Croix

avec le Saint Curé d'Ars

Au maître autel...

Ô Jésus, notre doux Sauveur, me voici humblement prosterné à vos pieds, afin d’implorer votre infinie miséricorde, pour moi, pour les pécheurs, pour les mourants et pour les âmes des fidèles trépassés. Daignez m’appliquer les mérites de votre sainte Passion, que je vais méditer.

Ô Notre-Dame des Sept Douleurs, daignez m’inspirer les sentiments de compassion et d’amour avec lesquels vous avez, la première, suivi votre divin Fils, dans la voie douloureuse du Calvaire.

Première Station

Jésus est condamné à mort...

Jésus-Christ : Mon enfant, j'ai parcouru pendant trois ans la Judée et la Galilée ; j'ai consolé les affligés, guéri les malades, prêché l'Évangile ; j'ai fait du bien à tous. Et maintenant les juifs en fureur supplient Pilate de me condamner à mort. Pilate obéit et me livre aux bourreaux.

Que d’ingratitude et de méchanceté ! Mais sais-tu, mon enfant, pourquoi je permets qu'ils demandent ma mort ? Parce que tu as péché. Si je le voulais, je pourrais briser mes liens et redevenir libre. J'aime mieux mourir pour te délivrer de l'enfer.

Le fidèle : Ô Jésus, vous êtes la bonté infinie ! C'est moi qui vous ai offensé, et c'est vous qui souffrez pour mériter mon pardon ! Accordez-moi la grâce de détester mes péchés de tout mon cœur et de les pleurer toute ma vie.

Deuxième Station

Jésus est chargé de sa Croix

Jésus-Christ : Mon enfant, j'ai déjà les épaules meurtries et ensanglantées, et les Juifs me commandent encore de porter une lourde croix.

Je l'accepte avec douceur : reçois de même sans te plaindre tous les maux que tu auras à endurer.

Le fidèle : Ô Jésus, vous êtes innocent et je suis pécheur, c'est moi seul qui devrais souffrir : donnez-moi donc la force de supporter patiemment les peines de cette vie, le courage de faire pénitence de mes fautes et le bonheur de vous voir dans le ciel.

Troisième Station

Jésus tombe sous le poids de sa Croix

Jésus-Christ : Mon enfant, je suis tombé par terre. Pendant la flagellation et le couronnement d'épines, j'ai perdu beaucoup de sang ; je suis faible et ma croix est lourde : je ne puis plus marcher. Et regarde ! En m'aidant à me relever les bourreaux m'insultent et me maltraitent.

Je suis tombé, parce que tu ne te corriges pas, j'expie tes mauvaises habitudes. Veux-tu, mon enfant, m'aider à me relever et diminuer mes douleurs ? Prends la résolution de confesser tous tes péchés avec une vraie contrition, d'éviter les occasions dangereuses, et de vivre plus chrétiennement à l'avenir.

Le fidèle : Je vous le promets, ô Jésus. Mais ma faiblesse est grande, je ne puis seul résister aux tentations. Si vous ne me soutenez, je vous offenserai encore. Donnez-moi votre grâce, Ô mon Dieu, convertissez-moi et sauvez-moi.

Quatrième Station

Jésus rencontre sa Très Sainte Mère

Jésus-Christ : Mon enfant, j'ai le cœur navré de douleur. Ma mère, ma bonne mère est là... les bourreaux m'accablent d'injures et me traînent inhumainement : elle le voit, et son affliction est immense. Elle voudrait me délivrer ; mais elle t'aime, elle sait qu'il faut que je souffre et que je meure pour te racheter : elle me suivra donc jusque sur le Calvaire.

Le fidèle : Ô Jésus, ô Marie, pardon ! Votre tristesse me fait pitié ! Ne permettez pas que je me sépare jamais de vous. Que les méchants se moquent de moi et me persécutent pour m'exciter à pécher : je vous servirai et vous aimerai jusqu'à mon dernier soupir, et je saurai tout souffrir pour vous rester fidèle.

Cinquième Station

Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa Croix

Jésus-Christ : Mon enfant, c'est moi qui ai créé le monde ; je suis le Dieu puissant et fort. Je pourrais seul porter ma croix jusqu'au Calvaire, mais je permets à un homme de m'aider pour t'enseigner à souffrir avec moi.

Le fidèle : Ô Jésus, je vous bénis ! Souffrir pour vous sera toute ma joie ! Les contrariétés, la maladie, le travail, l'obéissance, je veux tout aimer afin de vous plaire, ô mon Dieu. Donnez-moi, je vous en supplie, une soif chaque jour plus grande de mortifications et de souffrance.

Sixième Station

Une femme pieuse essuie la face de Jésus

Jésus-Christ : Mon enfant, vois-tu cette femme qui traverse la foule des soldats ? Elle ne craint rien, parce qu'elle m'aime. Elle m'a aperçu tout couvert de crachats, de poussière, de sueur et de sang : aussitôt elle s'est approchée pour m'essuyer le visage et me consoler. Mon enfant, veux-tu l'imiter ?

Le fidèle : Oui, ô Jésus, je le veux. Mon Dieu ! Qui vous reconnaîtrait ? Vous, la beauté infinie, vous que les anges contemplent avec une indicible joie, vous avez la face meurtrie et souillée, vous êtes devenu semblable à un lépreux, à un ver de terre ! Et ce sont mes péchés qui vous ont ainsi défiguré ! Que ferai-je donc, ô mon Dieu ? Je vous supplierai de me pardonner toutes mes offenses, de m'en donner une vraie contrition, d'embraser mon cœur de votre saint amour ; par mes exemples et mes conseils, j'exciterai le prochain à vous servir avec fidélité, je prierai pour la conversion des pécheurs. Mon Jésus, que tous les hommes vous connaissent, vous adorent, vous aiment, et vous consolent des outrages que vous avez endurés pour nous racheter

Septième Station

Jésus tombe pour la deuxième fois

Jésus-Christ : Mon enfant, je suis tombé une seconde fois ; ma couronne d'épines s'est enfoncée dans ma tête, et les soldats m'outragent et me frappent encore. Je souffre, parce que je t'aime infiniment.

Si tu m'as souvent offensé, viens me demander pardon : je souffre pour effacer tes péchés. Si tu as des peines, ne te décourage pas il faut souffrir pour mériter le ciel.

Le fidèle : Ô Jésus, mes fautes sont nombreuses, mais j'en ai un véritable regret. Vous êtes la miséricorde et la bonté même : j'espère fermement que vous me pardonnez. Faites-moi la grâce de mourir plutôt que de vous offenser désormais.

Huitième Station

Jésus console les filles de Jérusalem

Le fidèle : Ô Jésus, que vous êtes bon ! Les filles de Jérusalem qui vous suivent, ont compassion de vous, elles pleurent, et vous oubliez vos souffrances pour les consoler.

Jésus-Christ : Mon enfant, pleure tes péchés, fais pénitence, pratique courageusement tes devoirs et je te remplirai aussi le cœur de consolation et de joie. Ceux qui ne m'aiment point ne peuvent être heureux, ni en cette vie ni en l'autre.

Le fidèle : Seigneur, je vous obéirai. Trop longtemps j'ai cherché le bonheur loin de vous. Je veux dès aujourd'hui être pieux, humble, doux et chaste, pour jouir de votre amitié et mériter de vous contempler dans la gloire du paradis.

Neuvième Station

Jésus tombe pour la troisième fois

Jésus-Christ : Oh que les hommes sont ingrats et méchants. Pour eux j'ai été flagellé et couronné d'épines, pour eux je porte cette lourde croix et bientôt j'y serai cloué ; pour eux j'ai enduré toutes les injures, et ils ne m'aiment pas ! Je souffre horriblement pour leur mériter le ciel, et cependant, je le sais, beaucoup iront en enfer ! Mon âme est profondément triste, je n'ai plus de forces : c'est pourquoi je tombe sous ma croix une troisième fois.

Le fidèle : Ô mon Jésus ! Mille fois pardon. C'est moi qui suis cet ingrat, moi qui vous ai si souvent offensé, moi qui vous ai si peu aimé. Mon Dieu, pardon ! Que de fois, en effet, je vous ai gravement désobéi et j'ai mérité l'enfer. Si j'étais mort après mon péché, je brûlerais dans les flammes éternelles et je serais à jamais séparé de vous. Mon Dieu, merci de m'avoir conservé la vie, merci de m'avoir pardonné ! Non, vous n'aurez pas inutilement souffert pour moi ! Car, avec le secours de votre grâce, ô mon Dieu, je veux vous servir, vous aimer, vous bénir toujours sur la terre afin de vous posséder dans le ciel.

Dixième Station

Jésus est dépouillé de ses vêtements

Jésus-Christ : Vois, mon enfant, combien je souffre ! Mes habits se sont collés contre ma chair meurtrie, et les bourreaux me les arrachent violemment : toutes mes plaies se rouvrent et le sang coule avec abondance.

Je souffre ainsi, parce que tu as perdu la grâce en commettant le péché mortel. Je souffre pour que Dieu te pardonne et que ton âme redevienne pure. Je souffre en silence pour t'apprendre à ne jamais murmurer.

Le fidèle : Ô Jésus ! Merci de tant d'amour ! Quel malheur a été le mien ! J'avais la grâce sanctifiante, mon âme était belle et semblable à vous, les Anges la saluaient comme leur sœur, la Sainte Trinité habitait en elle avec délices, j'étais votre enfant bien-aimé, j'avais le droit de vous voir dans le paradis. J'ai péché, et aussitôt j'ai tout perdu.... la grâce, l'innocence, votre amitié, le ciel.

Mon Dieu, j'ai honte et je pleure !... Et pour me rendre tous ces biens, ô Jésus, il faut que vous vous laissiez encore dépouiller de vos vêtements. Faites-moi la grâce en recevant l'absolution, de me rappeler ce que vous avez souffert pour me la mériter et de ne plus vous offenser mortellement.

Onzième Station

Jésus est cloué sur la Croix

Jésus-Christ : Regarde mon enfant : je suis étendu sur la Croix ; les bourreaux me demandent mes mains, je les tends ; mes pieds, je les donne. Ils y enfoncent de gros clous avec le marteau. En même temps, ma chair se déchire, mes os se froissent, mes nerfs se rompent, mes veines se brisent, et je suis dévoré de la soif la plus ardente. C'est pour expier tes désobéissances et celles de tous les hommes que je souffre ainsi.

Le fidèle : 0 Jésus ! Que vous êtes bon et que je suis misérable ! Moi, pauvre créature, j'ai tant de peine à me soumettre à vos volontés adorables, j'obéis si lentement et de si mauvaise humeur ! Et vous, souverain Maître du ciel et de la terre, on vous demande vos pieds et vos mains pour les percer, et vous les donnez librement, sans résistance, et, pendant trois heures, vous restez cloué à la croix, parce que c'est la volonté de votre Père. Quelle leçon mon Dieu ! Je la comprends : celui qui n'obéit point, ne peut être votre disciple ni espérer aller au ciel, et il a fallu l'obéissance d'un Dieu pour expier toutes nos révoltes. Ô Jésus, pardon ! Je prends la résolution de vous obéir toujours promptement et avec joie, afin de vous ressembler et de vous plaire.

Douzième Station

Jésus meurt sur la Croix

Jésus-Christ : Ça y est, me voilà crucifié entre deux voleurs. Écoute, mon enfant, mes dernières recommandations : je demande à mon Père le pardon de mes bourreaux, pardonne de même à ceux qui t'offenseront.

Je confie ma mère à saint Jean : aie toujours bien soin de la tienne. Mais je veux que Marie soit aussi ta mère honore-la et prie-la tous les jours de ta vie.

Je promets le paradis au bon larron : aie confiance ; tes péchés sont nombreux, mais je te pardonne si tu te repens sincèrement.

J'ai les pieds attachés pour t'attendre ; les bras étendus pour te recevoir ; la tête penchée pour te donner le baiser de paix et de réconciliation ; bientôt mon côté sera ouvert et mon cœur blessé pour répandre sur toi toutes mes grâces. Ne crains rien, tu seras sauvé.

Et maintenant, je meurs... Ne m'oublie pas, mon enfant, aime toujours ton Sauveur et ton Dieu.

...

Le fidèle : Ô Jésus ! Mon amour ! Vous mourez pour moi, je veux vivre et mourir pour vous ; toujours je me souviendrai des paroles que vous m'avez dites sur la croix.

Treizième Station

Jésus est descendu de la Croix et remis à sa Mère

Le fidèle : Ô ma mère ! Combien grande est votre affliction ! Vous contemplez entre vos bras Jésus, votre cher Fils : son visage est pâle, sanglant et défiguré, ses yeux sont éteints, sa bouche est fermée ; son côté ouvert ; ses pieds et ses mains sont percés. Vous le regardez, et votre âme se remplit de tristesse.

Ô ma mère ! C'est parce que j'ai offensé Dieu, que Jésus-Christ est mort et que vous souffrez si cruellement. Pardon, ô mère chérie ! Je déteste souverainement mes fautes, et je veux vous aimer toujours, vous et votre divin Fils.

Quatorzième Station

Jésus est mis au tombeau

Le fidèle : Corps sacré de mon Sauveur, je vous adore. On vous met dans un sépulcre : je veux m'y cacher avec vous. Que les hommes m'oublient et me méprisent, j'y consens. Quand je travaillerai, quand je me mortifierai, quand je ferai mon devoir, vous seul, peut-être, le verrez et en serez content : cela me suffit et me réjouit. Pour vivre et ressusciter avec vous, il faudra me corriger de mes défauts, résister à mes passions, mourir à moi-même : je suis prêt, ô mon Dieu ! Vous avez voulu être placé dans un sépulcre neuf : donnez-moi, Jésus, un cœur nouveau, un cœur pur, un cœur orné de toutes les vertus, afin de vous recevoir dignement dans la Sainte Eucharistie.

Ô Jésus, régnez en moi, maintenant et toujours. Ainsi soit-il.



Oraison

Prions.

Ô Dieu, qui par le Précieux Sang de votre Fils unique, avez sanctifié l'étendard de la Croix, accordez-nous, nous Vous en supplions, que nous réjouissant de la gloire de cette Croix sainte, nous puissions en tous temps et en tous lieux nous réjouir aussi de l'assurance de votre protection, par le même Jésus-Christ Notre-Seigneur.

R. Ainsi soit-il.